Un climatiseur branché sur un circuit de prises fonctionne parfaitement au printemps. C'est en août, quand il tourne huit heures par jour, que le câble sous-dimensionné chauffe dans le mur — et personne ne voit la chaleur derrière un enduit.
Trois caractéristiques le distinguent de tout ce qui se branche habituellement sur une prise — et c'est la combinaison des trois qui fait les dégâts, pas chacune séparément.
Une bouilloire chauffe trois minutes, un fer vingt minutes. Un climatiseur tourne huit ou dix heures par jour en août. Un câble supporte un courant élevé quelques minutes ; il ne le supporte pas toute une journée, tous les jours.
Le compresseur est un moteur : à chaque mise en route, il appelle plusieurs fois sa puissance normale pendant une fraction de seconde. Sur un circuit déjà chargé, c'est ce pic qui fait sauter le disjoncteur.
En pleine chaleur, le frigo tourne davantage, le congélateur aussi, les ventilateurs sont branchés. Le climatiseur s'ajoute au moment précis où le circuit est déjà le plus sollicité de l'année.
Dans la grande majorité des logements, la climatisation n'était pas prévue au plan. On l'a branchée sur ce qui existait — un circuit de prises câblé pour des lampes et des chargeurs.
Un câble sous-dimensionné ne casse pas : il chauffe. La chaleur ramollit lentement l'isolant, qui durcit, se craquelle, et finit par ne plus séparer les conducteurs. Le processus prend un ou deux étés, il est totalement invisible, et il se termine soit par un court-circuit, soit par un départ de feu à l'endroit le plus chaud du parcours. C'est la raison pour laquelle nous refusons de raccorder un climatiseur sur un circuit existant sans avoir vérifié la section — même quand le client trouve que c'est du zèle.
Deux climatiseurs identiques ne se câblent pas de la même façon si l'un est à trois mètres du tableau et l'autre à vingt. Plus le câble est long, plus la tension chute sur le parcours, et plus il faut augmenter la section pour compenser. C'est un calcul simple mais qu'on saute presque toujours.
Une tension trop basse à l'arrivée n'empêche pas l'appareil de démarrer : elle le fait travailler dans de mauvaises conditions. Le compresseur force, chauffe et s'use. Beaucoup de climatiseurs déclarés « de mauvaise qualité » après deux étés étaient en réalité mal alimentés depuis le premier jour.
Aucun de ces signes n'empêche l'appareil de fonctionner, et c'est précisément ce qui les rend faciles à ignorer. Ils disent tous la même chose : le câble ou la protection ne sont pas à la hauteur de ce qu'on leur demande.
| Ce que vous constatez | Ce que cela signifie |
|---|---|
| Les lampes faiblissent quand le climatiseur démarre | Chute de tension : le câble est trop fin pour la distance ou la puissance |
| Le disjoncteur saute au bout de quelques heures | Surcharge du circuit : d'autres appareils s'ajoutent sur le même câble |
| La prise ou la fiche est tiède, voire brune | Contact desserré ou courant trop élevé pour cette prise : à traiter tout de suite |
| Odeur de plastique chaud près du tableau | Borne desserrée qui chauffe à chaque passage de courant : couper et appeler |
| Le climatiseur refroidit moins bien qu'avant | Peut venir du gaz ou des filtres, mais aussi d'une tension basse qui fait forcer le compresseur |
| Le différentiel saute par temps de pluie | Humidité dans le boîtier de l'unité extérieure ou dans son raccordement |
C'est le printemps, avant la première vraie chaleur. Une vérification faite en mai coûte le prix d'une visite ; la même chose découverte en plein mois d'août signifie souvent un remplacement de câble dans l'urgence, un logement sans climatisation pendant les jours les plus chauds, et un électricien difficile à joindre parce que tout le monde appelle en même temps.
Le câble a été posé pour des lampes et des chargeurs. Il chauffe tout l'été dans le mur, sans que rien ne se voie.
Il saute pour protéger le câble. Un calibre supérieur retire cette protection au moment de l'année où elle sert le plus.
Vingt mètres ne se câblent pas comme trois. La chute de tension fait forcer le compresseur et l'use prématurément.
Même « le temps de voir ». Une rallonge sous un tapis ou derrière un meuble chauffe sans que personne ne la surveille.
Carcasse métallique, pluie, condensats : c'est exactement la situation où l'absence de terre devient dangereuse.
Chaque entretien impose de couper toute la maison, et le frigoriste travaille sans savoir si quelqu'un va réarmer.
L'air salin de Jijel entre par le presse-étoupe et corrode les bornes. Le différentiel saute alors dès les premières pluies.
Ils démarrent parfois ensemble, et le pic double. Chaque appareil mérite son circuit, surtout au-delà d'une certaine puissance.
Chacun son métier. Le frigoriste maîtrise le froid ; la section de câble et la protection relèvent de l'électricien.
En pleine chaleur, tout le monde appelle en même temps, et une reprise de câble se fait dans l'urgence au lieu d'être planifiée au printemps.
Cela dépend entièrement de la puissance de l'appareil et de la section du câble qui alimente cette prise — et dans la grande majorité des logements, ce câble a été posé pour de l'éclairage et des chargeurs. Le problème n'apparaît pas tout de suite : il apparaît en août, quand l'appareil tourne huit heures par jour et que le câble chauffe dans le mur pendant des semaines. La vérification prend quelques minutes et se fait avant l'installation, pas après le premier été.
Le compresseur appelle au démarrage plusieurs fois sa puissance normale pendant une fraction de seconde. Si le circuit porte déjà d'autres appareils, ce pic suffit à faire sauter le disjoncteur. La bonne réponse est de séparer le climatiseur sur son propre départ, avec une section calculée pour lui. La mauvaise réponse — et malheureusement la plus fréquente — est de monter le calibre, ce qui retire la protection du câble au moment de l'année où elle sert le plus.
C'est le signe le plus parlant d'une chute de tension : le câble est trop fin pour la puissance ou pour la distance. Ce n'est pas dangereux dans l'instant, mais cela dit deux choses. D'abord que le câble travaille au-delà de ce pour quoi il a été posé, et qu'il chauffe dans le mur. Ensuite que le compresseur du climatiseur démarre sous une tension trop basse, ce qui le fait forcer et raccourcit sa vie. Beaucoup d'appareils jugés « de mauvaise qualité » étaient mal alimentés.
Il pose l'appareil, réalise la liaison frigorifique et met en service : c'est son métier et il le fait bien. Mais le calcul de la section selon la puissance et la distance, le choix du calibre de protection, la continuité de la terre jusqu'à l'unité extérieure et la pose d'un boîtier de coupure relèvent de l'électricien. Dans la pratique, les deux interventions se coordonnent : nous préparons l'alimentation avant que le frigoriste ne pose l'appareil, et chacun signe la partie qu'il maîtrise.
C'est presque toujours l'unité extérieure. L'eau entre dans le boîtier de raccordement, souvent par un presse-étoupe mal serré ou vieilli, et crée un courant de fuite que le différentiel détecte — il fait donc exactement son travail. À Jijel, l'air salin accélère la corrosion des bornes et aggrave le phénomène. Ne cherchez pas à contourner le différentiel : faites reprendre l'étanchéité du boîtier et le serrage des bornes.
Au printemps, avant la première vraie chaleur. Une vérification en mai coûte le prix d'une visite et se planifie tranquillement. La même chose découverte en plein mois d'août signifie une reprise de câble dans l'urgence, un logement sans climatisation pendant les jours les plus chauds de l'année, et un électricien difficile à joindre parce que tout le monde appelle en même temps. C'est le conseil le plus simple de cette page et celui qu'on suit le moins.
Envoyez une photo de votre tableau porte ouverte, dites-nous la puissance du climatiseur et la distance approximative entre le tableau et l'appareil. Ces trois éléments nous disent si votre installation supporte ce que vous lui demandez — avant le premier mois de forte chaleur, pas après.